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La classification des ETAM du Bâtiment

Juin 2007

En 2002, notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC a refusé de signer la grille de classification proposée par les représentants patronaux du Bâtiment, tout comme elle avait à l’époque refusé de signer la grille de classification des ETAM des Travaux publics.

Issues des mêmes réflexions, et identiques dans leur application et leurs dérives probables, ces grilles constituaient à nos yeux un gel sans précédent de l’évolution des salariés. Cinq années après l’application de la grille des ETAM des Travaux publics, que des syndicats complaisants n’ont pas hésité à signer, nous ne pouvons que constater les tristes résultats : évolutivité quasi inexistante, blocage des salaires, tout ça dans un quotidien mal encadré au niveau des directives, de la responsabilité et de l’autonomie.

 

Aujourd’hui, soucieux de faire appliquer au Bâtiment une nouvelle grille de classification, les représentants patronaux reviennent à la charge… Sans proposer d’évolution !

Si à la Fédération BATI-MAT-TP CFTC, nous estimons que la classification actuelle est obsolète et inadaptée, nous n’en sommes pour autant pas prêts à signer n’importe quoi ! Et encore moins une grille de classification que nous avons déjà refusé de signer !

 

Des modifications superficielles, telles que les employeurs du Bâtiment nous les ont proposées, ne suffiront pas à nous faire accepter l’inacceptable. Jouer sur les mots n’est pas dans la politique de notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC, et ce n’est pas comme ça que les salariés pourront faire évoluer leur statut.

 
Nos revendications :
 
  • Regrouper les 8 niveaux en un seul bloc, sans distinguer les employés des techniciens et agents de maîtrise : aux yeux de notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC, un salarié doit avoir l’opportunité d’évoluer quel que soit son statut.
  • Préciser les critères de chaque niveau. Il est scandaleux de constater qu’à des niveaux différents, certaines responsabilités se chevauchent, pour ne pas dire : sont identiques ! Par exemple :
  • Au niveau C, le salarié reçoit des instructions « définies ». Au niveau D, il reçoit des instructions « constantes ». Est-ce au salarié de déterminer la différence qu’il existe entre ces deux critères ? S’il y a effectivement une différence !
  • Au niveau C, le salarié « résout des problèmes simples ». Au niveau D, il « maîtrise la résolution de problèmes courants ». Faut-il y comprendre qu’avant le niveau D, les problèmes simples ne sont pas des problèmes courants ? Ou bien que le salarié, même s’il résout effectivement les problèmes, n’en maîtrise pas vraiment la résolution ? Pour notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC, ces critères peu fiables et totalement subjectifs ne permettent pas au salarié d’évaluer correctement ses aptitudes;
  • Au niveau E, le salarié « est amené à prendre une part d’initiatives, de responsabilités et d’animation ». Au niveau suivant, il est « amené à prendre des initiatives, des responsabilités » et il « a un rôle d’animation ».
  • Aux niveaux C et D, le salarié « met en œuvre la démarche de prévention », tandis qu’au niveau E, il « veille à faire respecter l’application des règles de sécurité ».
La liste est encore longue des critères flous et subjectifs que notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC a relevés et mis sous le nez des représentants patronaux. Les critères doivent être davantage encadrés, précisés.
  • Cesser les contradictions qui nuisent à l’évaluation de la position réelle du salarié. Si un salarié répond aux critères d’autonomie et de responsabilité du niveau B, mais au critères de technicité et de compétences du niveau C, quelle est sa position ? Son statut ? Et surtout son salaire ? Par exemple :
  • Au niveau E, le salarié « exerce un commandement sur les salariés placés sous son autorité », c’est l’un des critères de responsabilité. Au niveau F, un des critères d’autonomie précise (si l’on veut) que le salarié acquiert « un rôle d’animation ». Comment expliquer qu’un salarié qui exerce un commandement au niveau E n’a pas de rôle d’animation ? Une contradiction qu’a soulevée notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC, et qu’elle soulèvera encore lors des prochaines négociations, car il faut empêcher que les salariés se retrouvent à cheval entre deux positions;
  • En termes de technicité, un salarié n’est censé « se tenir à jour dans sa spécialité » qu’à partir du niveau E. Cela signifie-t-il qu’une secrétaire est nécessairement de niveau E ? Notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC soulève une nouvelle contradiction, entre ce qui est prévu dans les textes, et ce qui existe en réalité !

 

 

Notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC se refuse à signer une grille qui n’est pas clairement compréhensible par les premiers intéressés : les salariés. Nous osons le dire : en l’état, cette classification est un instrument de blocage de l’évolution. Les ETAM ne peuvent pas s’appuyer sur un tel document pour faire valoir leurs droits.

Sans un effort considérable des représentants employeurs, et sans satisfaction de nos revendications, nous ne donnerons pas notre signature à ce nouvel « accord de la honte ».

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