Mars 2009Depuis la fin de l’année 2008, notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC s’évertue à négocier un accord équilibré et efficace sur la parité. Bien que cet accord se limite, à notre grand regret, à la parité hommes/femmes, nous mettons tout en œuvre pour négocier des dispositions avantageuses, qui puissent rendre la profession attractive aux femmes.
Nos propositions se heurtent cependant à la nonchalance des représentants des employeurs, qui se sentent obligés de négocier un accord imposé par la loi. La poursuite des négociations dans de bonnes conditions dépend des points suivants:
1-Effectuer un bilan précis
Les effectifs des entreprises du secteur des ciments sont évidemment très masculines: seulement 5 % de femmes se répartissent entre les ouvriers (0,5 %), les ETDAM (20 %) et les ingénieurs et cadres (21 %). Au-delà, aucune donnée chiffrée n’est accessible.
Malgré la requête formulée par notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC de créer les outils indispensables pour un état des lieux précis, le collège patronal fait la sourde oreille, invoquant « l’impossibilité » de mettre en place un comptage précis.
Notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC s’interroge sur la négociation efficace d’un accord visant à supprimer les écarts de salaires et les discriminations à la promotion, sans même connaître la répartition des hommes et des femmes par coefficients ? Les employeurs ne tiennent-ils pas un archivage des bulletins de salaire ?
2-Aller plus loin que la loi
Un accord de branche doit être plus favorable au salarié que la loi, en proposant des dispositions plus avantageuses pour les salariés, et adaptées à l’activité du secteur. Ici, il n’en est rien.
Notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC souhaite qu’un tel accord sur la parité réponde aux spécificités liées au secteur: pénibilité, travail de nuit, dangerosité des produits… Nous demandons que soient intégrées des dispositions visant à aménager le temps de travail, et d’autres relatives à la maternité/paternité, voire la garde d’enfants (distribution de chèques CESU par exemple).
Pour l’heure, le seul point sur lequel cet accord se veut spécifique à l’activité de la branche tient en une mention : l’adaptation des locaux sociaux à du personnel féminin. Pour nous, c’est plus qu’incomplet : c’est insuffisant.
3-Assumer son vocabulaire
Si on prétend prendre des engagements, on ne le fait pas à reculons. C’est pourtant ce qui transpire du projet soumis à notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC par le collège patronal.
Les mots y sont scrupuleusement choisis pour laisser une grande souplesse aux patrons dans la mise en oeuvre de l’accord. Voici pour exemple: les employeurs souhaitent « réduire » les écarts de rémunération quand nous, nous souhaitons les « supprimer ». Un accord qui vise à respecter la parité peut-il vraiment se contenter de telles approximations ? Doit-on en déduire que les représentants des employeurs ne sont pas favorables à la parité ?
Voici le bilan que tire notre Fédération BATI-MAT-TP CFTC des précédentes réunions :
- pour que cet accord soit mené à son terme dans le respect de la loi, il faut des termes volontaires, il faut des objectifs chiffrés, qui s’appuient sur une étude sérieuse des effectifs. Quel intérêt y a-t-il à mettre en place un accord qui ne répète que ce qu’on sait déjà ?
- pour que cet accord s’applique à défendre la parité dans la branche, il faut qu’il aille plus loin que la loi, par des mesures incitatives permettant de remplir les objectifs chiffrés.
- pour que cet accord soit crédible, il faut que les employeurs qui ne le respectent pas s’exposent à des sanctions: sans obligation, rien ne sera fait !
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